photographe professionnel

Cet article est élaboré à partir d’actualités trouvées sur le site du GNPP (groupement national de la photographie professionelle) :

« Les contraintes liées à l’exploitation d’une petite entreprise doivent être identiques pour tous. On ne peut dicter des règles pour les uns et favoriser les autres en allégeant leurs charges.
La concurrence acceptable est celle qui demeure loyale.
L’artisanat a mis du temps à adopter les règlementations sociales dans notre pays, nous avons désormais une couverture sociale fragile mais existante. Allons-nous régresser et devoir retourner 50 ans en arrière.
On nous a expliqué que cette forme juridique était le statut idéal pour démarrer une jeune entreprise mais qui va racheter les vieilles entreprises qui possèdent l’outil, le savoir-faire et une clientèle.
L’auto-entreprise ne participe pas à la création d’emploi, pire, elle ne peut former les apprentis. Qui transmettra le savoir-faire pour les générations d’artisans futurs ?
Pourquoi les retraités peuvent adopter ce statut, ils n’ont absolument pas les mêmes soucis de rentabilité puisqu’ils bénéficient déjà d’une couverture sociale ainsi qu’un logement souvent fini de payer. Ils viennent en concurrence des jeunes qui eux doivent tout acquérir et essayer de vivre de leur activité. Sont-ils limités à 3 ans d’activité ?
L’artisan rencontre désormais sur son chemin le travailleur clandestin d’hier. Pourquoi celui-ci sachant travailler sans déclarer de revenu à nos caisses sociales et fiscales trouverait-il désormais la porte de nos organismes collecteurs ?
Puisque l’on souhaite une comptabilité simplifiée, pourquoi ne pas instaurer une transaction de paiement plus sécurisée entre l’exécutant et le client. On a bien inventé les chèques emplois-service pour le personnel de maison.
Notre organisation professionnelle devient désormais le bureau des pleurs. L’artisan ne se sent pas respecté et l’auto-entrepreneur a été trompé sur un avenir meilleur mais il constate une situation précaire. Il perd beaucoup de temps pour acquérir la reconnaissance d’une clientèle qui profite de son statut pour négocier des prix encore plus bas.
A l’aube des Présidentielles, nous entendrons des discours positivant la création d’entreprise mais nous sommes obligés de constater que les entreprises avec un réel statut sont en régression et que les emplois diminuent dans des proportions navrantes.
Les politiques n’analysent pas la situation et ne mesurent pas les conséquences négatives. On apprend que l’Allemagne réfléchit à donner des amendes aux entreprises ne formant pas d’apprentis et nous, nous proclamons à qui veut bien entendre que nous avons donné énormément d’aides à la formation mais en parallèle nous créons les auto- entreprises qui ne peuvent pas embaucher. Pour que les jeunes rejoignent notre artisanat, il faut avant toute chose des maîtres d’apprentissage.
On marche sur la tête dans ce Pays, les charges que nous devons sont forcément répercutées sur notre prix de vente. Bien sûr que nous souhaitons être plus abordables et la diminution des taxes permettrait de pratiquer des prix plus serrés. Nous demandons surtout d’être plus confortés dans notre marché. La moindre entreprise est obligée d’avoir recours à un expert-comptable qualifié voir un conseiller juridique et fiscal pour ne pas risquer un redressement. Les lois, qui doivent normalement être pensées pour assurer la protection, le respect, l’égalité des hommes, deviennent des sources de conflits. Ce sont elles qui font peurs à l’entrepreneur de demain.
Nous sommes la première entreprise de France et pourtant nous n’arrivons pas à nous projeter vers l’avenir car la concurrence devient incontrôlable avec les produits qui nous arrivent de partout, avec l’arrivée de nouveaux entrepreneurs aux contraintes comptables non imposées. Nous fabriquons des pauvres et nous souhaitons la reprise de la consommation. Le ras le bol s’installe et l’artisan freine ses investissements, diminue ses salariés et ne souhaite plus former de jeunes. Cette morosité est largement soutenue par les établissements bancaires qui n’assurent plus leurs rôles de prêteurs d’argent. Ils doivent apprécier les auto-entrepreneurs car ils ne sont pas demandeurs de gros prêts.
L’artisan n’a pas le temps de manifester car il travaille 12h par jour mais il ne donnera pas son vote aux menteurs. L’artisan respecte ses ouvriers qu’il souhaite garder car il les a formés. Il ne pratique pas les emplois à mi-temps comme toutes les grandes surfaces qui ont depuis longtemps craché sur le SMIC. Lors des primaires socialistes, nous n’avons pas entendu le moindre débat sur l’artisanat. Il va falloir nous montrer et manifester notre inquiétude car nos entreprises disparaissent quand elles deviennent fragiles. Les médias nous ignorent, trop d’activités diverses et mal connues. Il n’y a que JP Pernaud qui parle des derniers artisans dans les derniers villages avec les derniers outils…
Il nous faut simplement, un vrai statut avec des charges mesurées, une comptabilité un peu moins complexe si possible, une TVA qui prenne en compte que nous sommes des entreprises qui transforment la matière avec de la main d’oeuvre locale apportant une forte valeur ajoutée. Pour préserver l’avenir, une vraie politique de formation avec des professeurs compétents, des partenaires financiers rassurés sur notre légitimité qui financent nos outils et nos structures. Ainsi, nous pourrons, évoluer dans la technologie, retrouver le moral et la fierté d’apporter une richesse à notre Pays.
J’aime mon métier ! Je souhaite le valoriser ! Et Vous ?
Marc LEMANCEL »

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